Vidéo – L’alcool : intervenir auprès d’un employé

Durée : 5:30

TRANSCRIPTION TEXTUELLE

L’individu souffrant d’une dépendance à l’alcool n’a pas tendance à consulter de lui-même. Il a souvent perdu beaucoup d’estime de soi et ne souhaite parler de sa dépendance à personne. Parfois, seule une certaine pression sociale, provenant de la famille, des amis ou du milieu de travail, peut susciter une prise de conscience. Une prise de conscience des conséquences engendrées par son problème de consommation, mais aussi de sa valeur aux yeux des autres en tant qu’individu.

Les demandes d’aide pour ce type de traitement proviennent donc souvent de l’employeur, étant donné le risque d’accident et de négligence criminelle.

La première étape pour le gestionnaire consiste à identifier des signes possiblement liés à une problématique de consommation. La consignation de ses observations pourrait s’avérer un point important, car elle permet d’obtenir un portrait plus clair et évite la généralisation d’un événement isolé.

La rencontre avec l’employé est la deuxième étape; elle s’avère déterminante. Elle permet au gestionnaire de bien communiquer les problèmes rencontrés ainsi que la préoccupation bienveillante à l’égard d’un état de santé nécessitant une aide professionnelle. Dans certaines circonstances, certains employeurs vont même exiger une consultation psychologique ou une cure. La santé organisationnelle s’avère une responsabilité partagée entre l’employeur et l’employé, c’est pourquoi cette rencontre requiert l’engagement des deux parties.

La troisième étape peut se traduire par un suivi de l’engagement de l’employé. Certains suivis sont plus restrictifs que d’autres. La forme dépend souvent de l’intensité des problèmes, de leur répétition et de leur gravité. Le suivi est essentiel au succès de l’intervention. Un délai de quelques semaines pour les actions correctives envisagées pourra bien encadrer la démarche.

À tout moment, le gestionnaire peut être confronté à un état de désorganisation avancée de l’employé, comme :

  • une consommation sur les lieux du travail;
  • ou une présence en état d’ébriété.

Ce type de désorganisation nécessite une prise en charge immédiate. Le gestionnaire doit intervenir et rencontrer son employé.

Au terme de cette rencontre, le gestionnaire pourra décider de retourner l’employé chez lui. L’important est de ne pas ignorer la désorganisation de l’employé sur les lieux du travail; une action doit être prise par le gestionnaire à l’endroit de l’employé et de la situation.

La rencontre avec un employé présentant un problème de consommation s’avère souvent un défi de taille pour le gestionnaire.

Voici quelques conseils clés :

  • tenir la rencontre dans un endroit privé où la confidentialité peut être respectée;
  • prendre le temps de bien préparer la rencontre;
  • revoir le registre de consignation des observations;
  • rassembler les informations pertinentes à la discussion;
  • connaître les ressources disponibles ainsi que les coordonnées du programme d’aide;
  • adopter une attitude empathique et ferme à la fois;
  • éviter la confrontation sous forme d’accusation directe;
  • fixer une rencontre de suivi et faire un compte-rendu de la rencontre en se basant sur les notes prises durant celle-ci.

En présence de malaise important ou de conflit d’intérêts, il est recommandé de discuter du cas avec un supérieur ou de communiquer avec un membre des ressources humaines.

L’arrimage entre un intervenant, un centre de soins spécialisés, un médecin, l’employeur et même un assureur pour la couverture des soins fait partie des facteurs de réussite dans le traitement de la dépendance à l’alcool.

Parfois cependant, une simple consultation, avec ou sans cure, offrira des résultats intéressants, et le sevrage passera soit par l’arrêt complet de consommation d’alcool, soit par une réduction graduelle de cette dernière.

L’aide spécialisée en toxicomanie peut être trouvée par l’entremise du programme d’aide ou d’autres ressources de type communautaire comme :

  • Drogue : aide et référence;
  • Centre québécois de lutte aux dépendances;
  • Éduc’alcool;
  • Alcooliques Anonymes du Québec.

Peu importe le problème de dépendance, le programme d’aide est présent pour aider le gestionnaire et son employé dans la mise en place de soins psychologiques et/ou médicaux nécessaires au recouvrement d’une santé psychologique.

Pour en apprendre davantage sur ce sujet, nous vous suggérons de lire le document de référence.

En cas de questions, de doutes ou de besoins particuliers de soutien, n’hésitez surtout pas à communiquer avec le programme d’aide spécialisé offert aux personnes admissibles.